Les chiffres de la facturation électronique publiés par la DGFiP suivent une réforme lancée le 1er septembre 2026 : près de 2 millions d'entités inscrites à l'annuaire, 149 plateformes agréées, et chaque entreprise assujettie à la TVA reçoit désormais toute facture fournisseur par une solution de facturation agréée.
Chiffres facturation électronique au 30 octobre 2026
- Toute entreprise assujettie à la TVA en France reçoit ses factures électroniques depuis 2026 ; les PME et micro-entreprises devront les émettre en 2027, quelle que soit leur taille.
- Environ 4 millions d'entreprises déclarent la TVA, et 26 % avaient choisi une plateforme agréée pour recevoir les factures de leurs fournisseurs en juillet 2026 (DGFiP).
- 149 plateformes agréées transmettent les données de facturation au fisc, contre 101 fin janvier 2026.
- La réforme de la dématérialisation doit rapporter à l'État entre 6 et 10 milliards d'euros de TVA par an à partir de 2028, selon l'administration.
Mise à jour le 30 octobre 2026 : chiffres de facturation tirés des déclarations publiques de la DGFiP et de l'AIFE, et des listes publiées sur impots.gouv.fr.
Quels sont les chiffres clés de la facturation électronique ?
Les chiffres clés de la facturation électronique tiennent dans quelques données publiques, presque toutes communiquées par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et l'Agence pour l'informatique financière de l'État (AIFE) lors de leurs points d'étape. Ces deux services pilotent la réforme : la DGFiP immatricule les plateformes agréées, l'AIFE gère l'annuaire et le portail public de facturation, héritier technique de Chorus Pro.
Le tableau suivant reprend les données publiées, avec la date du relevé et l'organisme qui l'a donnée. Chaque ligne correspond à une prise de parole datée : les chiffres bougent vite, et une donnée de février ne se compare à une donnée de juillet qu'en gardant en tête le calendrier des inscriptions.
| Indicateur | Valeur | Date et source |
|---|---|---|
| Plateformes immatriculées définitivement | 107 | 27 février 2026, DGFiP |
| Entités inscrites à l'annuaire | plus de 600 000 | 27 février 2026, AIFE |
| Plateformes identifiées / immatriculées | 146 / 127 | 5 mai 2026, DGFiP et AIFE |
| Entreprises dotées d'une adresse de réception | plus de 1 million | 5 mai 2026, DGFiP et AIFE |
| Factures reçues en phase pilote | près de 4 millions, surtout via Chorus Pro | 5 mai 2026, DGFiP et AIFE |
| Entités inscrites à l'annuaire | près de 2 millions | 6 juillet 2026, DGFiP |
| Déclarants de TVA ayant choisi une plateforme | environ 26 % de 4 millions | 6 juillet 2026, DGFiP |
| Plateformes prêtes à émettre au 1er septembre | 52 | 6 juillet 2026, DGFiP |
| Plateformes agréées immatriculées | 149 | 22 septembre 2026, DGFiP |
Les relevés de février à juillet sont rapportés par Compta Online, qui suit chaque intervention de la DGFiP ; celui de septembre par le site d'information Ma Facture Électronique. Aucun observatoire officiel ne publie encore de série mensuelle complète : la DGFiP communique par points d'étape, et la donnée la plus récente reste la liste des plateformes tenue sur impots.gouv.fr.
Combien d'entreprises sont concernées par la réforme ?
La réforme de la facturation électronique concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, quelle que soit leur taille, dès qu'elles réalisent des opérations entre professionnels (B2B) sur le territoire. Le chiffre de référence varie selon ce que l'on compte : la DGFiP parlait en juillet 2026 d'environ 4 millions de déclarants de TVA, tandis qu'un point d'étape de février évoquait « plus de 10 millions d'assujettis ».
L'écart s'explique par le périmètre. Les déclarants de TVA sont les entreprises qui déposent effectivement une déclaration ; les assujettis incluent aussi celles qui relèvent de la franchise en base, qui ne facturent pas de TVA mais entrent dans le champ de la réforme. Une micro-entreprise en franchise en base doit elle aussi recevoir ses factures d'achat sous forme électronique depuis le 1er septembre 2026.
La réforme ne vise pas que les sociétés commerciales. Associations assujetties, professions libérales, artisans et exploitants agricoles soumis à la TVA sont dans le même cas. Les opérations exonérées sans droit à déduction, comme une partie des activités de santé ou d'enseignement, échappent à l'obligation d'émettre des factures électroniques, mais pas à celle de les recevoir quand un fournisseur les envoie.
Pour une entreprise qui hésite sur son statut, la question à poser à son expert-comptable porte sur la nature exacte de ses opérations : une activité mixte, en partie exonérée et en partie taxée, change le périmètre des factures à émettre et des données à transmettre. C'est le cas typique où un avis professionnel évite une erreur de paramétrage dans la solution choisie.
Calendrier et seuils de taille : qui passe quand ?
Le calendrier de la facturation électronique repose sur la taille de l'entreprise, appréciée selon les critères du décret n° 2008-1354. Toutes les entreprises assujetties doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 ; l'obligation d'émettre arrive en deux temps, la première échéance pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, la seconde pour les PME et micro-entreprises.
| Catégorie | Seuils (salariés, chiffre d'affaires annuel, total du bilan) | Réception | Émission et e-reporting |
|---|---|---|---|
| Grande entreprise | au-delà des seuils de l'ETI | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| ETI | moins de 5 000 salariés et chiffre d'affaires jusqu'à 1,5 milliard d'euros ou bilan jusqu'à 2 milliards | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| PME | moins de 250 salariés et chiffre d'affaires jusqu'à 50 millions d'euros ou bilan jusqu'à 43 millions | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| Micro-entreprise | moins de 10 salariés et chiffre d'affaires ou bilan jusqu'à 2 millions d'euros | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
La catégorie se détermine à partir des données du dernier exercice clos, au niveau de l'unité légale identifiée par son SIREN. Une PME qui appartient à un groupe peut ainsi être rattachée à la catégorie du groupe : les entreprises de cette situation devront vérifier leur rattachement avant de fixer leur échéance. Les dates importantes restent celles de la loi de finances pour 2024, que la DGFiP rappelle sur sa page « Je passe à la facturation électronique », modifiée le 1er septembre 2026.
Le volet déclaratif suit la même chronologie. Les transactions avec des particuliers ou des clients étrangers, hors du champ de la facture électronique, donnent lieu à une transmission de données au fisc, appelée e-reporting des transactions et des paiements, aux mêmes dates que l'émission.
Les plateformes agréées, un marché qui se structure
Les plateformes agréées, appelées plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) jusqu'en 2025, sont le point de passage obligé de toute facture électronique entre entreprises. Leur nombre est l'indicateur le plus suivi de la réforme, parce qu'il conditionne la capacité du marché à absorber les flux : 101 plateformes immatriculées fin janvier 2026, 134 fin mai, 149 au 22 septembre selon les données de la DGFiP.
La liste officielle distingue deux statuts. Les plateformes qui satisfont l'ensemble des conditions, tests d'interopérabilité compris, figurent dans une première liste ; celles dont le dossier est complet mais qui attendent la réussite de ces tests figurent dans une seconde. La liste des plateformes publiée par impots.gouv.fr a été modifiée le 29 octobre 2026 et se télécharge en tableur.
Le nombre d'offres ne dit rien de leur maturité. En juillet 2026, 52 plateformes seulement se déclaraient prêtes à émettre des factures réelles au 1er septembre, et 17 l'avaient déjà fait en mai. Une plateforme agréée doit assurer l'interopérabilité technique avec le portail public de facturation et avec les autres plateformes, convertir une facture dans un format qui convient au client et transmettre les données de facturation à l'administration fiscale.
Le paysage mêle éditeurs de logiciel de facturation, opérateurs de dématérialisation historiques, banques et acteurs de l'expertise comptable. Pour une PME, le premier critère de choix tient moins au prix affiché qu'à la compatibilité avec son outil de gestion existant : une solution compatible avec le logiciel comptable évite la double saisie et fait de la plateforme un simple tuyau.
Le rôle du portail public et de Chorus Pro
Le portail public de facturation (PPF) n'est plus la plateforme gratuite d'émission prévue à l'origine. L'État a annoncé en octobre 2024 recentrer le PPF sur deux fonctions : tenir l'annuaire central, qui indique quelle plateforme reçoit les factures de chaque entreprise, et concentrer les données transmises à l'administration fiscale. L'émission et la réception passent donc toutes par une plateforme agréée.
Chorus Pro reste le canal des factures adressées à la sphère publique, obligatoire pour les fournisseurs de l'État et des collectivités depuis 2020. Il explique le poids du secteur public dans les premiers volumes : sur les quelque 4 millions de factures reçues en phase pilote au printemps 2026, la plus grande partie transitait par Chorus Pro selon la DGFiP et l'AIFE.
L'annuaire est l'autre indicateur d'adoption. Son remplissage mesure combien d'entreprises ont désigné une adresse de réception : plus de 600 000 entités en février 2026, plus d'un million en mai, près de 2 millions en juillet. Une entreprise absente de l'annuaire ne peut pas recevoir de facture électronique par le réseau, ce qui bloque ses fournisseurs dès qu'ils passent à l'émission.
Ce que disent ces chiffres sur l'adoption
Les chiffres de l'adoption montrent une montée rapide mais incomplète. Le passage de 600 000 à près de 2 millions d'entités inscrites en cinq mois traduit l'effet de l'échéance ; le taux de 26 % des déclarants de TVA ayant choisi une plateforme en juillet 2026 rappelle qu'une majorité d'entreprises n'avait pas encore fait son choix à deux mois de la réception obligatoire.
La lecture de ces données demande trois précautions. D'abord, l'annuaire compte des entités et non des entreprises : un groupe peut y inscrire plusieurs établissements. Ensuite, les chiffres communiqués oralement lors des journées de la DGFiP ne font pas l'objet d'une publication statistique détaillée, si bien que la série reste fragmentaire. Enfin, aucune donnée publique ne mesure encore la part des factures B2B réellement émises sous forme électronique après le 1er septembre 2026.
Les PME et micro-entreprises forment la catégorie la plus en retard, ce qui n'a rien de surprenant : leur obligation d'émission ne tombe qu'en septembre 2027, et beaucoup attendent la mise en œuvre par leur logiciel de facturation ou leur expert-comptable. La réception, elle, s'impose déjà à toutes : une TPE qui n'a pas désigné de plateforme reçoit en pratique des factures qu'elle ne peut plus traiter par simple pièce jointe.
Le profil des premières entreprises inscrites reflète la logique de la réforme : les grandes entreprises et les ETI, qui émettent depuis le 1er septembre 2026, ont entraîné leurs fournisseurs et leurs clients. Le volume de factures papier recule d'abord dans les chaînes d'achat des grands donneurs d'ordre, bien avant de baisser chez les petites structures.
Le non-respect des obligations de facturation électronique expose à des sanctions fixées par le code général des impôts : une sanction par facture non émise sous forme électronique, une autre par transmission de données manquante, chacune plafonnée par année. Les montants de ces sanctions ont évolué avec les lois de finances successives ; la page de la DGFiP fait foi pour la version en vigueur. L'administration française a toutefois annoncé une application progressive, centrée d'abord sur l'accompagnement des entreprises de bonne foi plutôt que sur la sanction immédiate.
Le besoin d'accompagnement se lit aussi dans l'offre de service des cabinets d'expertise comptable, qui proposent désormais la connexion de leurs clients à une plateforme agréée et le suivi de leur conformité. Pour un entrepreneur individuel, ce service évite de choisir seul une solution de facturation, et la transition vers une facture dématérialisée se fait alors au rythme de la comptabilité déjà tenue par le cabinet.
L'enjeu fiscal : TVA, fraude et données transmises
L'enjeu fiscal de la facturation électronique tient dans la TVA. Selon les estimations de l'administration fiscale relayées par KPMG en mars 2026, le gain annuel attendu se situe entre 6 et 10 milliards d'euros à partir de 2028. À l'échelle européenne, les États membres estiment à 90 milliards d'euros par an les pertes de recettes de TVA.
Le mécanisme est simple à décrire : chaque facture et chaque paiement deviennent une information transmise en continu à la DGFiP, qui peut rapprocher la TVA collectée par le vendeur et la TVA déduite par l'acheteur. La fraude carrousel et les factures fictives deviennent plus visibles, et l'administration prévoit à terme de préremplir les déclarations de TVA à partir de ces données.
Ces montants sont des projections, pas des mesures : aucun bilan public ne chiffre encore les recettes supplémentaires liées à la réforme. Les ordres de grandeur sont toutefois cohérents avec l'écart de TVA que la France affiche depuis plusieurs années dans les rapports européens.
Gain de temps et réduction des coûts pour les entreprises
Pour les entreprises, la réduction des coûts reste l'argument principal de la dématérialisation. La facture papier suppose impression, affranchissement, saisie manuelle et classement, autant de postes qui disparaissent avec une facture structurée intégrée directement dans l'outil de gestion. Aucun chiffre officiel récent ne mesure ce gain à l'échelle nationale : les études disponibles émanent d'éditeurs et varient selon leur méthode.
Une estimation interne reste possible, à partir du nombre de factures traitées et du temps passé par facture. La méthode pour calculer le coût de ses factures papier permet à une PME de chiffrer son propre poste avant de choisir une solution. Le gain de temps porte surtout sur le traitement des factures d'achat : rapprochement avec le bon de commande, contrôle de la TVA, mise en paiement.
La réforme impose aussi de nouvelles mentions obligatoires (SIREN du client, adresse de livraison, nature des opérations, option pour la TVA sur les débits), et la facture électronique doit respecter l'un des formats du socle : UBL, CII ou Factur-X. Un simple fichier envoyé par courriel ne suffit donc pas, comme l'explique la différence entre une facture électronique et un PDF. La gestion du cycle de vie de la facture, de son dépôt à son encaissement, devient elle aussi visible pour l'émetteur grâce aux statuts transmis par la plateforme.
Le suivi de l'encaissement change le poste client. Chaque facture envoyée reçoit des statuts successifs (déposée, reçue, approuvée, refusée, encaissée), et le statut d'encaissement alimente directement la transmission des données de paiement pour les prestations de service. Une solution de facturation qui gère ces statuts réduit les relances, tandis que l'archivage des factures électroniques reste à la charge de l'entreprise pendant la durée légale, quelle que soit la plateforme retenue.
L'économie réelle dépend donc moins de la facturation elle-même que du traitement en aval. Une entreprise qui garde une saisie manuelle de ses factures d'achat, même reçues sous forme dématérialisée, ne gagne presque rien ; celle qui connecte sa plateforme à sa comptabilité et à ses outils de vente supprime la ressaisie, et chaque échéance de paiement devient visible dès la réception.
Les autres contenus du blog de la facture électronique détaillent l'archivage, le e-reporting et les obligations propres à chaque taille d'entreprise.
Annuaire, plateformes et échéances en quatre questions
Quelles sont les dates importantes pour la facturation électronique ?
La réception de factures électroniques est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties depuis le 1er septembre 2026. L'émission et l'e-reporting s'appliquent aux grandes entreprises et aux ETI à la même date, puis aux PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
Quels sont les seuils de facturation électronique ?
Il n'existe aucun seuil d'exemption : toute entreprise assujettie à la TVA est concernée. Les seuils servent seulement à fixer l'échéance d'émission, une PME comptant moins de 250 salariés et un chiffre d'affaires jusqu'à 50 millions d'euros ou un bilan jusqu'à 43 millions.
Combien de plateformes agréées existent en 2026 ?
La DGFiP comptait 149 plateformes agréées immatriculées au 22 septembre 2026. La liste officielle, mise à jour sur impots.gouv.fr le 29 octobre 2026, sépare les plateformes pleinement immatriculées de celles qui attendent leurs tests d'interopérabilité.
Comment se préparer à la facturation électronique ?
La préparation passe par trois étapes : choisir une plateforme agréée compatible avec son logiciel, s'inscrire à l'annuaire pour recevoir ses factures, puis adapter ses factures aux nouvelles mentions obligatoires et à l'un des formats du socle avant son échéance d'émission.





